18è Conférence sur les espèces menacées

Des décisions positives pour certaines espèces marines

18e

COP CITES

La CoP18 de la CITES (ou la 18e Convention des Parties de la Convention sur le commerce des espèces protégées, aussi appelée Convention de Washington) qui se tenait à Genève et à laquelle participait la Principauté de Monaco, s’est achevée le 28 août 2019. Les décisions prises pour la conservation des espèces marines sont très positives. Bilan rapide de cette séance marathon qui aura duré près de 12 jours.

Requins Mako : classés en annexe II

Les deux espèces de requins mako Isurus oxyrinchus et Isurus paucus (Mako sharks) et les raies géantes appartenant au genre Glaucostegus spp. (Guitarfishes) et à la famille des Rhinidae spp. (Wedgefishes) sont aujourd’hui classées dans l’annexe II de la Convention. Le commerce international de ces espèces, jusqu’à présent totalement libre et non régulé, sera dorénavant autorisé sous contrôle strict afin d’assurer la survie des populations. Ces mesures donneront un peu de répit à ces espèces surexploitées.

Pour l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), qui détermine le statut de conservation des espèces de faune et de flore, les deux espèces de requins mako sont clairement en danger. La sous-population de requin mako I. oxyrinchus étant quant à elle en danger critique d’extinction en Méditerranée, avec un déclin de 50 à 79% des effectifs en seulement 3 générations, c’est-à-dire en 75 ans.

Pour mémoire, les raies géantes Rhynchobatus australiae et la raie guitare commune Rhinobatos rhinobatos avaient été classées dans l’annexe 1 du Mémorandum d’Entente, lors de la 3ème Réunion des Signataires (MoS3 Requins) du Mémorandum d’Entente sur la conservation des requins migrateurs* organisée par le Département des Relations Extérieures et de la Coopération de Monaco au Musée océanographique de Monaco en décembre 2018. Ce classement signifie que ces raies ainsi que le requin sombre, le requin marteau commun, le requin océanique et l’ange de mer, qui avaient aussi rejoint la liste devraient bénéficier d’une coopération internationale accrue pour améliorer leur conservation. * Le Mémorandum d’Entente sur la conservation des requins migrateurs est placé sous l’égide de la Convention de Conservation des Espèces Migratrices appartenant à la faune sauvage (CMS).

Elément très nouveau et encourageant pour l’avenir, ces propositions ont bénéficié d’une mobilisation record ! Pas moins de 50 des 183 membres que compte la convention ont co-signé la proposition de classement des requins mako. Pour les raies, ils étaient plus de 60 (dont la Principauté de Monaco). Le nombre record de cosignataires est une première pour la CITES depuis sa création en 1973 !

Pour les concombres de mer, bonne nouvelle également. Leur surexploitation provoque leur raréfaction voire leur disparition de certaines zones. Fortement prisés sur les marchés asiatiques notamment, ils sont pourtant indispensables au bon équilibre des écosystèmes marins. Plusieurs espèces – Holothuria (Microthele) fuscogilva, Holothuria (Microthele) nobilis, Holothuria (Microthele) whitmaei -, sont désormais classées en annexe II.

La régulation du marché international de ces espèces et la mobilisation sont donc deux excellentes nouvelles qui vont dans le sens d’une prise de conscience plus massive et partagée de la nécessité de protéger les espèces vivant dans les grands espaces marins et océaniques où les frontières n’existent pas. Un beau signal au moment où se tiennent en parallèle à New-York les négociations sur l’utilisation de la biodiversité dans les eaux situées en dehors des juridictions nationales

Autres décisions

D’autres mesures importantes, visant à mieux connaître les conséquences du commerce international sur certaines populations sauvages ou à consolider certaines mesures en faveur d’espèces déjà inscrites dans la convention, ont été également approuvées, entre-autres :

  • Le plan de la dernière chance pour le Vaquita Phocoena sinus (le plus petit cétacé et l’une des espèces les plus menacées dans le monde) et le Totoaba Totoaba macdonaldi (un poisson pêché pour sa vessie natatoire) visant à lutter de manière immédiate et forte contre la pêche illégale,
  • Une nouvelle feuille de route pour les hippocampes, proposée par la Principauté de Monaco et trois autres pays, qui permettra de renforcer la mise en œuvre des décisions CITES et ainsi tenter d’assurer la résilience des populations sur le long terme,
  • Une meilleure mise en œuvre des mesures CITES pour le poisson Napoléon Cheilinus undulatus.
  • Un atelier technique sera organisé par la CITES afin d’étudier les priorités en termes de besoins de conservation et de gestion, liées au commerce mondial de poissons marins ornementaux ne figurant pas aux annexes de la CITES.